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Électricité

Conducteurs d’aluminium dans les bâtiments de ferme

Article: 22-204 du chapitre V, Électricité, du Code de construction du Québec

Sujet: le chapitre V, Électricité, du Code de construction du Québec, câblage dans les bâtiments abritant du bétail ou de la volaille

Objectif: faciliter la compréhension de l’article 22-204 du Code de construction du Québec, chapitre V, Électricité

Intervenants concernés: concepteurs, maîtres électriciens, électriciens et autres intervenants dans le domaine de la construction.

Date de publication: mars 2010

Mise à jour: décembre 2016

Généralement, tout comme les conducteurs en cuivre, ceux en aluminium sont adéquats pour réaliser une installation électrique sécuritaire, sous réserve de l’application des précautions à respecter pour ce qui est des terminaisons (raccords). Cependant, le Code de construction du Québec (Code) énonce différentes mesures spécifiques et interdit même leur utilisation à certains endroits. C’est le cas pour les bâtiments de ferme abritant du bétail ou de la volaille qui impliquent des environnements très humides ou corrosifs. Par contre, la technologie aidant, des moyens sont reconnus pour contrecarrer ces effets problématiques.

Exigences

L’article 22-204 se lit comme suit :
22-204 Câblage dans les bâtiments abritant du bétail ou de la volaille (voir l’appendice B)

  1. Le câblage utilisé dans les bâtiments abritant du bétail ou de la volaille doit être d’un type répertorié au tableau 19 comme convenant aux emplacements mouillés.
  2. Les câbles sous gaine non métallique utilisés dans les bâtiments abritant du bétail ou de la volaille doivent être du type NMW ou NMWU.
  3. Malgré les paragraphes 1) et 2), il est permis d’utiliser du câblage répertorié au tableau 19 comme convenant aux emplacements humides dans des bâtiments abritant du bétail ou de la volaille, à condition que la ventilation de ces bâtiments soit suffisante.
  4. Il est interdit d’utiliser des conducteurs en aluminium dans les bâtiments abritant du bétail ou de la volaille.
  5. Les câbles sous gaine non métallique doivent être protégés mécaniquement, soit par un conduit rigide en acier ou un conduit rigide non métallique ou un autre matériau approprié, contre les dommages causés par les rongeurs :
    • s’ils sont installés dans des emplacements à découvert, à moins de 300 mm au-dessus de toute surface horizontale ;
    • s’ils sont installés dans des emplacements à découvert, sur le côté des solives de plancher ou autres éléments de charpente situés à moins de 100 mm sous la surface des solives de plancher ou autres éléments de charpente ;
    • s’ils sont installés dans des greniers ; ou
    • s’ils sont installés dans des espaces dissimulés.

Interprétation

À la lecture du paragraphe 4) de cet article, il est clair qu’il est interdit d’utiliser des conducteurs en aluminium dans les bâtiments qui abritent du bétail ou de la volaille. Ce n’est pas nécessairement le cas pour tous les autres bâtiments qui se situent sur une ferme. Par exemple, un hangar qui sert d’entrepôt de machinerie ne présente habituellement pas de problématique quant à son environnement. Il sera donc permis d’utiliser du câblage d’aluminium à ces endroits, à moins de retrouver également un environnement corrosif, dû à de l’entreposage d’engrais chimique, par exemple. Cependant, le Code prévoit un assouplissement pour les emplacements de catégorie 1 [voir article 22-200 6)] de même que pour ceux de catégorie 2 [voir article 22-202 6)]. Ces assouplissements reconnaissent l’utilisation de conducteurs en aluminium dans de tels emplacements, pourvu que le milieu ambiant ne comporte pas de problématique pour ce qui est de leur terminaison. Ainsi, ce n’est pas l’isolation ni la gaine ou l’enveloppe des conducteurs qui sont problématiques, mais plutôt la partie de l’extrémité qui est dénudée aux fins de raccord. C’est cette partie, que nous nommons « terminaison », qui peut être rendue sécuritaire par scellement.

C’est donc par cohérence avec les paragraphes 6) des deux articles mentionnés plus haut (22-200 et 22-202) que nous voulons apporter les précisions qui suivent.

En effet, la Régie du bâtiment du Québec (RBQ) reconnaît que du câblage adéquat, donc permis par le Code (tableau 19), avec des conducteurs en aluminium peut être utilisé dans des bâtiments abritant du bétail ou de la volaille pourvu que la terminaison de ces conducteurs soit rendue compatible avec le cuivre à l’aide d’adaptateurs spécifiquement approuvés pour l’utilisation, et qu’un scellement tel que montré à la figure suivante soit effectué afin de rétablir l’intégrité de la terminaison. Il est donc essentiel que la nouvelle isolation soit complètement étanche à l’humidité et à la corrosion. Cette étanchéité ne peut être faite qu’à l’aide de gaine thermorétractable enduite notamment de silicone sur un raccord compatible avec le cuivre et l’aluminium. Il importe de s’assurer auprès du fabricant de la gaine thermorétractable qu’il garantit efficacement l’étanchéité à la corrosion et à l’humidité requise au scellement.

La figure suivante donne les détails de ce qui est accepté et peut être utilisé en remplacement de conducteurs en cuivre.

Figure 1

Terminaison scellée d’un conducteur d’aluminium (Étanche à la corrosion et à l’humidité).

Terminaison scellée d’un conducteur d’aluminium (Étanche à la corrosion et à l’humidité)

La gaine thermorétractable enduite d’un produit assurant l’étanchéité (notamment le silicone) doit épouser sur au moins 50 mm la gaine isolante du conducteur (partie non dénudée) et recouvrir complètement la partie de l’adaptateur ayant le diamètre le plus élevé. Pour sa part, le joint entre l’adaptateur et le conducteur en aluminium doit être compressé ou fait selon une autre méthode approuvée et effectuée selon les recommandations du fabriquant de ces adaptateurs. Une attention particulière doit être prise afin d’utiliser le bon calibre conforme à la grosseur du conducteur ainsi que le bon outil de compression.

Ainsi, bien que les conducteurs qui circulent dans le bâtiment soient en aluminium, il est permis de les utiliser en s’assurant que le matériau (alliage d’aluminium) ne se retrouve aucunement en contact avec l’environnement. On peut donc pratiquement considérer ces conducteurs comme étant des conducteurs de cuivre.

Cas particuliers

À noter que dans cette chronique, nous parlons de conducteurs en aluminium de manière générale pour désigner le conducteur avec isolant conforme à l’emplacement et à la méthode de câblage reconnue aux articles 22-200 et 22-202. Il faut distinguer les conducteurs en aluminium des câbles sous gaines d’aluminium tel que cela est discuté au paragraphe 3) de l’article 22-200 et au paragraphe 5) de l’article 22-202. En effet, dans ces cas, c’est la gaine du câble qui doit être protégée de l’humidité ou de la corrosion.

Conclusion

Puisqu’historiquement l’aluminium a été reconnu comme étant vulnérable dans un environnement tel que l’on retrouve dans des bâtiments de ferme, le Code en interdit son utilisation. Cette interdiction est levée si l’on s’assure d’envelopper ce matériau afin qu’il n’entre pas en contact avec de tels emplacements. En s’assurant de cette nouvelle intégrité et étanchéité, les conducteurs d’aluminium sont donc réputés être semblables à ceux en cuivre, hormis leur courant admissible différent pour une même grosseur.

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